6 résolutions pour changer de vie en 2008
Arthur Rimbaud, Une saison en enfer (Délires, Vierge folle, L’époux Infernal).
Vous savez que je n’aime pas les listes, qu’elles polluent l’existence. Elles sont le siège de deux dangers majeurs.
Soit elles se transforment en listes de choses que vous ne ferez jamais, mais qui ne vous culpabiliseront plus – jamais. Oui, elles sont dans votre liste, plus besoin de s’en soucier.
Soit elles vous rendent esclaves d’impératifs – souvent irréalisables – qui à la fin finissent par vous culpabiliser – alors cette liste elle en est où ?
Rien de plus. Rien de moi. Alors, pourquoi en proposer une ? Une de plus.
Parce que c’est plus fort que moi, c’est plus fort que vous. Plus fort que nous tous réunis. Alors, autant en proposer une qui tienne un tant soit peu compte des critiques formulées précédemment.
Souvent lorsque l’on confectionne une liste, il est judicieux de définir des objectifs précis et d’éviter les résolutions vagues telles que mieux manger, faire du sport etc. En anglais, on dirait qu’il faut rendre ces résolutions actionable. C’est-à-dire transformer ces résolutions en actions que l’on peut réaliser pas à pas.
Mais la précision ne suffit pas, il faut aussi se fixer des objectifs réalisables, voire des objectifs (trop) facilement réalisables. Il vaut toujours mieux voir petit et réajuster à la hausse que de revoir à la baisse ses ambitions, ça ne peut être que démoralisant – si l’on peut dire. De petits changements quotidiens finiront – à la fin – par transformer votre vie.
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Ce qui ne me tue pas me rends plus faible, plus fort, rien du tout
Friedrich Nietzsche, Crépuscule des idoles, ou, Comment philosopher à coups de marteau
Il est plutôt drôle de voir le succès qu’a eu – et qu’a toujours – cette maxime devenue quasi-proverbiale. Succès qui n’épargne pas le développement personnel car c’est aussi un de ses poncifs les plus éculés. Devise personnelle pour certains, pour certaines. Art de vivre pour d’autres. Ou encore tout simplement sentence gribouillée dans un classeur.
Bien sûr, et vous le savez tous, pas besoin de vous le rappeler, ce qui vous ne tue pas à court terme a de fortes chances de vous tuer sur le long terme2. Mais peut aussi vous renforcer. On est là donc en présence de ce genre de maximes bidons dont raffolent les développementalistes et autres psycho-charlatans de le pensée (faussement) positive. Ni vraie, ni fausse3. On peut tout lui faire dire. Et surtout le pire. C’est-à-dire l’autosatisfaction et le status quo.
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- Aus der Kriegsschule des Lebens. — Was mich nicht umbringt, macht mich stärker.
Götzen-Dämmerung oder Wie man mit dem Hammer philosophirt ↩ - Et nous pensons au simple fait de ne pas faire ce que nous voulons vraiment faire. ↩
- Nietzsche lui-même dans Ecce Homo (Pourquoi je suis si sage) semble incapable de tenir un discours cohérent sur la nature de ce qui ne nous tue pas. Après un passage pour le moins cryptique sur l’individu sain et sur la maladie comme stimulant énergétique, il nous explique qu’il faut savoir se renforcer d’un hasard malencontreux pour loin nous annoncer qu’ « il ne croit ni à la malchance ni à la faute. » ↩
Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la procrastination
Donc vous voulez en finir avec la procrastination ? Une bonne fois pour toutes. Comme on dit. Comme vous vous dîtes sûrement. En finir pour de bon. Et vous pensez que lire un article sur le sujet – un de plus – va vous aider. Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous vraiment en finir ? Car le simple fait de lire ces lignes montre à quel point vous êtes atteints, à quel point vous ne voulez pas en finir avec la procrastination. A quel point vous êtes toujours et encore dans la procrastination. Dans autre chose que ce que vous avez à faire.
Perdre son temps – ce que vous êtes en train de faire – à chercher des techniques contre la procrastination – quand ce n’est pas un soi-disant remède miracle – est, peut-être, la pire forme de procrastination. Car en plus de ne pas faire ce que vous avez à faire votre recherche vous déculpabilise, vous dédouane. Oui, en faisant semblant de chercher une solution à votre problème vous vous faites du bien. Ou du mal devrions-nous dire. Oui, en faisant semblant d’améliorer les choses vous ne faites que renforcer encore plus vos habitudes de procrastinateur – l’ajournement perpétuel. Mais vous ne changez rien, vous êtes encore et toujours en train de procrastiner.
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